De retour pour une nouvelle critique, aujourd’hui je vais vous parler d’un de mes coup de coeur de l’année au cinéma : The Ghost Writer, qui est je crois, une véritable leçon de cinéma  en son genre: le thriller politique. Autant dire que je connais mal Polanski, pour n’avoir jamais vu que Le pianiste, et ce en vf sur le petit écran (ouais, c’est pas glorieux). Et malgré ses démêlés avec la justice, il manie avec brillo ce long métrage.

The Ghost Writer, c’est donc l’histoire d’un écrivain, Ewan McGregor, engagé par l’ex premier ministre Adam Lang (interprété par Pierre Brosnan) pour terminer de mettre en forme ses mémoires.  A cela, rien d’anormal apparemment. Et pourtant, devenu «le nègre » de Lang, ce dernier apprend la mort de son prédécesseur, noyé et rejeté sur la côté, et ne pourra s’empêcher de mettre son nez dans ce décès aux causes anormalement floues . . .

Encore une fois, j’ai pénétré dans la salle sans n’avoir strictement aucune idée de ce que j’allais voir. Et là, surprise ! Quel art!

Le compositeur français Alexandre Desplat nous offre une musique d’entrée parfaitement adapté au  film : inquiétante, intrigante, grâce à une utilisation subtile de bois,, d’un staccato de clarinette et de trompettes en sourdine… nous voilà immergés dans une atmosphère suspicieuse et mystérieuse, plongés dans la conspiration politique qu’est The Ghost Writer.

Voilà le lien pour écouter l’ OST: http://www.deezer.com/fr/#music/alexandre-desplat/the-ghost-writer-513409

En adaptant l’ouvrage de Robert Harris  « l’homme de l’ombre »,  Polanski s’attaque aux coulisses de la politique,  suivant un fil conducteur très hitchcockien, dans une ambiance de paranoïa constante. Durant tout le film, nous sommes sur une île ou séjourne l’ex premier ministre, sous haute sécurité, sujette à de violentes  tempêtes de pluie  ( grandement plus inquiétante que celle de Shutter Island si je puis me permettre)

Filmé avec une précision quasi chirurgicale (en plus les plans sont beaux! ), nous voilà dans un puzzle paranoïaque ou Polanski, sans jamais en faire trop , avec une extrême sobriété, joue uniquement sur l’ambiance et sur l’interprétation de ses acteurs, vraiment bonne par ailleurs. J’ai trouvé Ewan McGregor franchement à l’aise dans son rôle au même titre que Pierre Brosnan et son sourire faux de politicien, où de sa femme, Olivia William; sans oublier ma surprise de retrouver Kim Cattrall ( Samantha de sex & the city !) .

Mais si il y a quelque chose que j’ai particulièrement apprécié, c’est la complexité que l’on peut trouver à pénétrer  dans l’histoire dès le début. C’est rare de voir encore des films qui font bosser l’esprit du spectateur (pour preuve, j’avais dormis 4h, et Polanski m’a eveillé !) sans prémâcher le travail: Dans le  premier dialogue nous sommes pris de court, qui est qui? On ne comprend pas. Bref, faut avoir le courage de s’accrocher un peu. Mais le mieux c’est de voir des dialogues rester intéressant sur la longueur du film, l’humour est fin (pas d’énormes rires gras dans la salle), et l’intrigue très bien menée, sans surenchère, sans spectacle.  La subtilité, ça fait du bien.

C’était ma critique positive en tout point, chose rare. Pour la forme, je vais critiquer une chose : l’affiche est moche. Mais The Ghost Writer est exemple en son genre, et m’a bien donné envie d’en découvrir plus sur Roman Polanski

 

3 Comments

 

  1. 1 avril 2010  17:01 by xethorn Répondre

    Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de voir le film en VO mais les accents sont vraiment bien et correspondent parfaitement a l'ambiance du film. L'histoire, l'intrigue et le flux continu font de film un moment parfait au cinema :) Contrairement au pianiste dont la trame est lente, la dynamique de The Ghost Writer est nettement meilleure.

    En petit truc amusant: au moment ou Ewan McGregor boit dans le bar de l'hotel, il commence a etre saoul et parle a un homme assi. A ce moment, la bande passante du film s'est coupee. Toute la salle a eu le droit a du popcorn gratuit. :)

  2. 1 avril 2010  17:24 by Fannnou Répondre

    En vo ... bien évidemment! Et je te rejoins pour le pianiste!

  3. Pingback : Résultats des 36 eme césars du cinéma | Garko

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