Critique de Midnight in Paris et ouverture du 64 eme festival de Cannes

[Attention, cet article est long]

Si l’on ne devait retenir qu’une chose de cette ouverture du festival de Cannes (64 ème du nom), ça ne serait surement pas le discours de Mélanie Laurent, indescriptible, co-écrit avec le fils Bedos qui m’a habitué à mieux, elle a essayé de faire rire, de faire pleurer, et elle a raté. L’on pourrait retenir son bide monumentale face à un palais des festivals insensible à leur maitresse de cérémonie. Ce bide est rapidement oublié par le petit discours de Robert De Niro et le bel hommage vidéo qui lui est fait avec une rétrospective filmique rapide.

Mais le discours de Bobby, sera remplacé par l’hommage de Gilles Jacob à Bernardo Bertolucci, cinéaste italien. Hommage lui-même vite oublié pour laisser place à cette phrase qui restera gravé dans l’histoire du festival, parmi tant d’autre en dédiant sa palme d’honneur à « tous les Italiens qui ont encore la force de lutter, critiquer, s’indigner« . Mais toutes ces belles phrases ne sont que superflus, non ce qu’on retiendra de cette 64e ouverture, c’est les belles jambes d’Uma Thurman !

 

Puis vint ce dont j’avais peur, ce film à l’affiche kitsch, à la bande annonce obscure. Ce nouveau Woody Allen, Midnight in Paris me faisait flippé. Je n’avais pas aimé les films de ce petit et pourtant si grand réalisateur depuis le cultissime Match Point. Alors voir à l’annonce de ce film, j’étais plus que perplexe de voir autant de tête d’affiche réunit dans un film sur notre Capitale

 

 

 

Réalisé par Woody Allen
Avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Michael Sheen

Synopsis : Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

Et pourtant, bien agréablement surpris par ce film qui met en valeur notre belle capitale, plus mystique et fantastique que tout ce à quoi Woody Allen nous a habitué, bien qu’une fois de plus tout est tissé autour de l’amour d’un homme pour une femme mais également d’un homme pour une Ville. Comment vous expliquer ce que j’ai ressenti sans spoilé, c’est impossible, bien trop peu d’information ont été diffusées, et ce n’est peut-être pas plus mal. Je peux vous dire que l’on est transporté dans un Paris comme je l’aime, un Paris magique, un Paris populaire le jour puis un Paris de 1920 la nuit, un Paris comme Hemingway en parle dans Paris est une fête, permettant à Gil, interprété par Owen Wilson, de rencontrer les plus grands artistes, écrivain, peintre, photographe ou cinéaste de l’époque principalement autour de Gertrude Stein (que je ne connaissais pas), cette liste de noms sans fin qui apparait petit à petit au long du film est peut-être ma seule déception, marrant les premières fois, lassant au bout d’un moment. Ces artistes dans lesquels il trouvera son inspiration, c’est la manière que Woody Allen a trouvé pour rendre hommage à la ville qu’il aime, ce Paris qu’il a découvert dans les années 60 (pour « Quoi de neuf, Pussycat ? ») et qui l’aura marqué à jamais. C’est de cette manière que Woody nous montre à quel point notre ville mérite ce statut de plus belle ville du monde, et à quel point elle peut être source d’inspiration.

Bien évidemment, un Woody Allen n’en serait pas un s’il n’y avait pas une leçon à en tirer, et ici, peut-être pour la première fois de sa vie, la leçon est clairement expliquée par le protagoniste principale, lors d’une des dernières scènes, lui permettant ainsi de trouver la paix avec lui-même. Cette leçon, évidemment je ne vais pas vous la donner et vais vous laisser la découvrir, mais croyez-moi sur parole, elle s’applique à chacun de nous tout en posant une conclusion sur la vie d’une manière générale.

Mais bien loin d’être un film philosophique, Woody nous livre ici une belle comédie (un poil romantique), avec un Owen Wilson comme je ne l’ai jamais vu, on sent clairement l’influence du réalisateur sur lui, il n’est pas lourd, il est juste et il fait vraiment rire, dans ses répliques, dans les situations et dans ses expressions. Sa nonchalance est ici un atout majeur et donne au personnage une dimension de plus dans cette quête de paix intérieure.

Beaucoup m’ont dit : « non il y a Carla, je n’irais pas voir le film », messieurs – dames, ça serait une erreur, déjà tout d’abord, vous pouvez bien fermer yeux et oreilles pendant les 3 petites scènes où elle apparait (on va dire quoi … 3 min sur tout le film, 5 maxi), et puis, elle ne joue pas si mal que ça, même si l’on ressent bien qu’elle ne soit pas actrice.

Marion Cottilard qui joue Adriana, muse de Picasso, et de beaucoup d’autre, n’est pas en reste non plus, j’ai toujours du mal avec elle, et n’est pas encore au top de ce qu’elle a pu faire, mais elle rattrape assez bien ces précédentes performances catastrophiques.

Les 2 belles, que dis je, sublimes, surprises furent incontestablement Rachel McAdams et Alison Pill, respectivement Inez, femme de Gil, fille mal élevé, enfant gâté et opportuniste, et Zelda Fitzgerald, femme touche à tout et épouse de Scott Fitzgerald (romancier), garçonne et bipolaire mais à qui on s’attache (moi en tout cas)

La musique est digne d’un Woody Allen, jazzy, envoutante et participe grandement à la magie d’un film plus léger qu’à l’habitude.

Je ne peux que vous conseiller d’aller voir Midnight in Paris, en espérant que comme moi, cela vous fera appréciez à nouveau MONSIEUR Woody Allen !

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