[CRITIQUE] La marche

Mercredi nous arrive en salle un petit bout d’histoire de notre chère France. Pas le genre d’histoire plein d’éventail, de crinoline et de perruque poudrées. Pas de grand noms qui sonne la belle France et qui nous rend fière de notre Pays. La Marche c’est un film avec des prénoms exotiques qui ne nous disent rien, que tout le monde a oublié ou même jamais connu. Des prénoms qui méritent de sortir de l’anonymat, tant pour leur courage que pour la cause qu’ils défendent.
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Date de sortie : 27 novembre 2013 

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Synopsis:En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme, de plus de 1000 km entre Marseille et Paris. Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King.
Ils uniront à leur arrivée plus de 100 000 personnes venues de tous horizons, et donneront à la France son nouveau visage.
 

Le sujet est donc une des principale raison pour laquelle je conseillerais ce film. En sortant de la séance j’avais des questions plein la tête, la première étant, comment un tel événement peut-il être ainsi oublié trente ans après seulement?
À l’époque, La marche des beurs a fait couler beaucoup d’encre, a fait bougé toute la France dans un élan communautaire qu’elle avait perdu. Aujourd’hui elle est ignorée des livres d’histoire, oubliée par ceux qui l’ont vécut. Pourtant lorsqu’on leur en parle, “ha c’était quelque chose! ils en parlaient à longueur de temps dans les journaux… c’est par eux que ça a commencé”.
on connait la main verte de Touche Pas À Mon Pote, on connait SOS Racisme, mais qui connait Les Minguettes?la-marche_portrait_w858

La réalisation est agréable, avec un soucis de réalisme, à vous tirer la larme à l’oeil. La recette est simple et efficace, du pathos pour la forme, parce qu’évidement si on ne vous fait pas aimer ces jeunes, vous ne vous poserez pas les bonnes questions en sortant. De l’humour, pour faire passer la pilule, parce que trop de pathos tue le pathos. De la pluie, beaucoup de pluie, et quelques accidents de parcours, parce que si les jeunes n’apprennent rien de leurs tribulations, vous ne retiendrez rien non plus. En fouillant un peu l’histoire ensuite on se rend compte que l’adaptation est plus libre qu’il n’y parait, puisque la moitié des personnages n’ont pas vraiment existé. Et surtout le scénario arrondie pas mal les angles, histoire de nous faire oublier que Les Minguettes, c’était le quartier le plus chaud de la banlieue lyonnaise, parce que ça c’est pas pathos du tout. Mais ça au fond on s’en fou parce que le but c’est qu’après le film vous ayez envie d’aller voir par vous même de quoi il retourne et d’en savoir plus sur la marche des beurs. Et c’est pari réussi. 10 minutes après être sorti de la séance je pianotais sur Wikipédia.

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Rien à redire sur les acteurs, il sont crédible et juste. L’acteur principal est allé jusqu’aux Minguettes pour rencontrer son homonyme. Et surtout le tournage a été réalisé au plus prêt des conditions réelles durant la marche. De quoi simplifier le travail des acteurs, qui n’avaient pas d’autre choix de s’imprégner de leur rôle. Au final chaque personnage trouve sa place dans le combat, chacun à leur façon nous permet de nous identifier un peu à leur lutte, et de comprendre que la marche des beurs, et bah c’était pas seulement des beurs. Un seul des personnage me laisse dubitative, Hassan incarné par Jamel Debbouze, qui est un peu le clown dans la soupe, et qui n’a finalement pas grand intérêt scénaristique, à part celui de faire jouer un acteur que donnera aux jeunes de banlieue l’envie de venir voir le film. Il en est d’ailleurs un peu de même pour Charlotte Le Bon dont le rôle est également un peu facile.

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Un film bien rythmé donc, bien ficelé même si la recette est facile. Que je vous incite à aller voir pour les même raisons qui ont inspiré Nabil Ben Yadir. C’est une histoire qui ne doit pas rester sous silence, une belle histoire, une histoire de notre Pays. Une histoire encore trop actuelle qu’il était temps de dépoussiérer.

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